Suspendue pour dopage, la guadeloupéenne Ysaora Thibus plaide sa cause devant le Tribunal disciplinaire de la Fédération internationale d’escrime

Ce lundi 13 mai 2024 est une journée décisive pour Ysaora Thibus. Et pour cause, c’est cette date que le Tribunal disciplinaire de la Fédération internationale d’escrime a choisi pour entendre le témoignage de la Guadeloupéenne suite à son contrôle positif à l’ostarine, un produit qui fait partie de la famille des SARMs. C’est une substance synthétique conçue pour imiter les effets de la testostérone. Elle est interdite par l’Agence mondiale antidopage depuis 2008. Suspendue provisoirement depuis le 9 février dernier, la meilleure fleurettiste tricolore a des chances de croire à une levée de sa suspension.

Selon le Professeur Jean-Claude Alvarez, spécialiste de ce genre d’affaires, l’escrimeuse a été contaminée par son conjoint. « Je fais toujours à peu près pareil : au départ, je fais une analyse de cheveux. Et en fonction du résultat de cette analyse, je vois si oui ou non l’athlète se dope ou pas. J’ai pleins d’affaires ou je m’arrête là car je n’ai pas d’arguments contre le dopage. Au départ, Ysaora et son compagnon sont venus et m’ont expliqué que lui prenait de l’ostarine. A partir de là, je leur ai dit qu’on ferait l’analyse capillaire une semaine plus tard – quand il aurait arrêté d’en consommer – car quand on prend quelque chose comme cela on se contamine, on en met partout avec les mains, ce qui peut tronquer l’analyse. Donc la première fois, je ne leur ai fait qu’une analyse d’urine, et elle montrait bien que lui était hyper chargé et qu’elle en avait très peu, compatible avec ce qu’elle avait eu le jour de son test. Je les ai donc reconvoqué une semaine après et j’ai fait des analyses capillaires qui ont clairement montré que Race Imboden en a des tonnes et Ysaora des concentrations infimes, tout à fait compatibles avec ce que l’on appelle une contamination croisée. C’est-à-dire que lui en prenait en cachette, il ne lui avait pas dit, il ne pensait pas du tout qu’il y avait le moindre risque… A partir de là, on a continué et c’est ce qu’on présentera à l’audience », a-t-il à BFMTV, avant de conclure : « On a fait le tour, elle devrait être blanchie, je l’espère. Elle n’y est pour rien, ce n’est pas du dopage, ce n’est pas de la négligence. (…) Si là elle n’est pas totalement blanchie, je ne comprends plus rien ». Au bout de cette affaire, c’est la participation de la championne du monde 2022 et vice-championne olympique par équipe aux Jeux Olympiques Paris 2024 qui est en jeu.

