Les Jeux olympiques de Paris 2024 se sont achevés dimanche 11 août 2024. A l’heure du bilan, sans coup férir, les athlètes ultramarins ont porté haut l’étendard France lors ces 33èmes Olympiades. Dans les sports collectifs comme individuels, ils ont su tirer leur épingle du jeu. Ce n’est pas un fait du hasard si la délégation tricolore a battu son record de médailles. Au total, elle a engrangé 64 médailles dont 16 en or, 26 en argent et 22 en bronze. Un parcours qui hisse la France à la 5e place au tableau des médailles.
Les satisfactions
Incontestablement, Teddy Riner a retenu l’attention après sa troisième médaille olympique en individuel. En réalisant cette performance stratosphérique, le judoka fait son entrée dans le cercle des légendes de l’olympisme. De plus, il a porté l’estocade pour donner l’or à la délégation tricolore lors des épreuves par équipe. Ce qui lui a valu un énorme accueil en Guadeloupe, la terre qui l’a vu naître. Toujours au judo, avec un waza-ari puis un ippon en moins de deux minutes, la Guadeloupéenne Sarah-Léonie Cysique, médaillée d’argent de Tokyo 2020, a ajouté du bronze à sa collection.
Comme elle, la Martiniquaise Althéa Laurin a assuré la médaille d’or au taekwondo. A 22 ans, elle s’installe définitivement dans le gotha de cet art martial en remportant le premier titre olympique du taekwondo français. « Je suis très heureuse parce que je viens de compléter l’objectif de la saison et de l’olympiade. La médaille de bronze à Tokyo c’était un bon commencement mais je savais que je voulais l’or olympique. C’est chose faite et c’est juste incroyable », a-t-elle réagi après sa victoire sur France TV.
En escrime, Yannick Borel, malgré sa bonne volonté, était à un cheveu du titre de champion olympique en épée, mais le Guadeloupéen s’est contenté de la breloque en argent. Comme lui, la Martiniquaise Amandine Buchard s’est distinguée au judo avec la médaille de bronze.
De même que la Réunionnaise Yohanne Defay, médaillée de bronze au surf. Battues aux huitièmes de finale de l’épée, les Guadeloupéennes Marie-Florence Candassamy et Coraline Vitalis avec les Bleues, dans un Grand Palais bouillant, ont été battues par l’Italie en finale (29-30). Une médaille de bronze qui sauve leur campagne olympique.
Les surprises
Ils n’étaient pas attendus, mais au final ils ont sublimé. Au breaking, le Guyanais Dany Dann a marqué l’histoire de sa discipline. Il s’est incliné en finale de l’épreuve masculine contre le Canadien Phil Wizard (3-0). « Je me suis amusé avec Phil Wizard, je suis content qu’il ait eu l’or, moi j’ai décroché l’argent. Quand j’ai vu le Top 16 j’ai vu que le niveau était si élevé que je n’aurais jamais pensé faire une finale ! Je suis si heureux pour moi, pour la France, pour les sacrifices qu’on a fait ces deux dernières années. On est passé par de nombreux tournois pour arriver aux qualifications, c’était fou et maintenant l’argent…! » a-t-il conclu, sans voix, heureux et ébahi de sa performance. Quant au Guadeloupéen Cyrian Ravet, il s’est paré de la médaille de bronze après le forfait de son adversaire italien.
Les déceptions
Tout n’a pas été rose pour les athlètes ultramarins, notamment en athlétisme où la Guadeloupéenne Rénelle Lamotte et la Guyanaise Gémima Joseph ont échoué en finale du 800 m et du Relais 4×100 m. C’est immense déception pour ces deux athlètes qui nourrissaient l’espoir de monter sur le podium.
Cette malchance s’est poursuivie avec les échecs du Guadeloupéen Wilhem Belocian (110 m haies), du Martiniquais Wilfried Happio (400 m haies) ou encore la Martiniquaise Laëtitia Bapté, éliminée du 100 m haies. Les gymnastes de l’équipe de France féminines sont complètement passées à côté de leurs qualifications aux Jeux olympiques de Paris 2024 avec à sa tête Mélanie de Jesus Dos santos. La Martiniquaise n’a pas réussi à envoyer les Bleues en finale individuelle ou par équipes. Cheffe de file de l’équipe de France, Mélanie de Jesus dos Santos a été le symbole de cet échec tricolore.
En boxe, le parcours de la Martiniquaise Davina Michel s’est arrêté en quart de finale. En escalade, la Réunionnaise Oriane Bertone a terminé 8e en finale du combiné bloc-difficulté femmes aux Jeux Olympiques de Paris 2024, sur le site d’escalade sportive du Bourget.
Les sports collectifs
Constellées de sportifs ultramarins, les sélections françaises au niveau des sports collectifs ont performé. Au football, le sélectionneur Thierry Henry et sa bande ont été vice-champions olympique. En finale, ils ont été battus par une valeureuse équipe d’Espagne (3-5). Ainsi, les Guadeloupéens Alexandre Lacazette, Kiliann Sildilla ainsi que le Martiniquais Enzo Millot, auteur du premier but des Bleus en finale, manquent de peu l’or olympique.
De même au basketball masculin, la France malgré son gros contingent d’ultramarins (Rudy Gobert, Matthias Lessort, Matthew Strazel, Isaïa Cordonier). Le dernier cité, originaire de Martinique, a été l’un des fers de lance surprenants de la résurrection des Bleus dans cette compétition. Cependant, ils ont douché dans les ultimes instants de la finale face aux Etats-Unis (87-98).
Au basketball féminin, la Guadeloupéenne Janelle Salaün s’est contentée de la médaille d’argent face aux Etats-Unis (67-66). Jefferson-Lee Joseph de la Guadeloupe a remporté la médaille avec l’équipe de France du Rugby à 7. Les Guadeloupéennes Méline Nocandy, Orlane Kanor et Coralie Lassource de la Martinique se sont adjugées de la médaille d’argent au handball féminin après le revers concédé contre la Norvège (21-29). L’équipe de France féminine ne réussira pas à conserver son titre olympique décroché à Tokyo.